Schweizerische Goldwäschervereinigung

Le Matin

Artikel vom 27. Mai 2001
Schweizerische Goldwäschervereinigung
Association Suisse des Chercheurs d'or
Assoziatione Svizzera dei Cercatori d'Oro
Swiss Goldprospectors' Association

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RECORD
De l’or dans la main

René Reichmuth

Le nom du découvreur de la plus grosse pépite jamais extraite en Suisse est enfin connu: René Reichmuth, invalide de 34 ans, touchera un demi-million de francs

Titus Plattner
27 mai 2001

Le MatinJamais pépite d’or aussi grosse n’avait été découverte en Suisse. C’était en juillet de l’an dernier. Pendant longtemps, les chercheurs de pierres précieuses de la Surselva, dans l’Oberland grison, en ont douté, se sont observés jusqu’à se rendre à l’évidence: le bloc de quartz d’une quarantaine de centimètres de côté, bardé de 400 grammes d’or, a bel et bien été extrait par René Reichmuth, un étrange personnage, introverti et solitaire, presque sauvage et handicapé par un accident de moto qui lui a coûté le bras gauche.

C’est une équipe de la Télévision romanche qui a finalement réussi à convaincre René Reichmuth de sortir de l’anonymat. Si le jeune homme de 34 ans s’est tu aussi longtemps, c’est de peur de ne plus pouvoir prospecter l’endroit sans être dérangé. De peur, aussi, qu’on le présente désormais comme le meilleur chercheur d’or de Suisse. "Je ne suis qu’un amateur", explique-t-il, conscient d’avoir eu une chance extraordinaire ce 10 juillet 2000. "C’est une découverte sensationnelle", confirme Beda Hoffmann, du Musée d’histoire naturelle de Berne, l’un des meilleurs experts suisses de l’or.

Cela fait douze ans que René Reichmuth cherche de l’or, depuis son accident. Quatre ans qu’il prospecte, là-haut, dans le val Sumvitg. Jusqu’à ce matin-là. Il s’est levé vers 10 heures et a d’abord pris le temps de déjeuner dans l’étable qu’il louait à Val, le hameau où habitent les deux seules familles de la vallée. Vers 11 heures, ou peut-être même midi, lui et son chien "Bobby" arrivent à l’endroit, quelque part dans le lit de la rivière du val Sumvitg. Dans son tamis, le jeune homme voit une concentration de poussières d’or plus importante que d’habitude. "Alors j’ai commencé à prospecter; ça m’a assez bien réussi", explique-t-il, laconique. Effectivement. Un peu plus haut, il découvre une veine de quartz. En retirant le bloc détaché avec son marteau, il sait qu’il a découvert quelque chose.

"Je ne suis pas un vendeur"
"J’ai bien pensé que cela avait de la valeur, car je savais que personne n’avait jamais trouvé quelque chose de comparable ici", raconte René Reichmuth devant la caméra de Televisiun rumantscha. "Je ne sais pas marchander. Je ne suis pas un vendeur, alors j’ai demandé à Bruno Higgins de le vendre pour moi." En tout, l’orpailleur a découvert une vingtaine de pépites, qui ensemble valent un peu moins d’un demi-million de francs.

"La plus grosse ainsi que l’une des plus petites sont sur le point d’être achetées par le Musée d’histoire naturelle de Coire pour 250 000 à 300 000 francs", confirme son directeur, Jürg Paul Müller. La deuxième plus belle pièce ira à Berne dans le musée du PrHoffmann. La commune de Disentis et le Musée de minéralogie de Lausanne ont également acheté une part du trésor.

Jürg Paul Müller aurait aimé que le chercheur d’or soit moins discret et organiser avec lui une grande exposition par exemple: "Nous avons vu les pierres en novembre déjà, mais le vendeur nous a priés de ne pas souffler mot." Cela peut se comprendre. "René Reichmuth est rentier AI et n’a pas l’habitude ni de pareilles sommes ni des contacts avec les médias", poursuit le directeur.

D’autant que les chercheurs de pierres de la région ne voient pas tous d’un bon œil qu’un étranger Reichmuth vient de Schwytz prospecte chez eux. Et a fortiori avec un tel succès. "Mais, quand on a su que c’était René, on s’est dit qu’il le méritait", commente Meinrad Gieger, président d’Uniun Cristallina, l’association locale des gemmologistes.

Partira-t-il en Australie?
Que fera-t-il d’un demi-million? René Reichmuth, riche comme il ne l’a sans doute jamais espéré, sourit et ne dit rien. Bruno Higins, qui le connaît depuis six ans, croit savoir: "Il a prévu de donner une partie de l’argent à sa mère et peut-être ira-t-il chercher de l’or en Australie, son rêve depuis longtemps." Erna Cathomas, patronne de l’auberge de Val où le jeune manchot mange tous les soirs, confirme: "Il n’a pas changé; c’est un cœur d’or." Presque embarrassé par son extraordinaire découverte, René Reichmuth, lui, n’aspire aujourd’hui qu’à une seule chose: retrouver l’anonymat et redevenir, comme il dit lui-même, "une taupe dans le lit d’une rivière".

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Last Updated 07-Nov-2002 by

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